La Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica)
à Olonne-sur-Mer

Voici le récit de l'observation de la présence et de la reproduction de la Tarente de Maurétanie, Tarentola mauritanica (Linnaeus, 1758), dans une zone pavillonnaire à Olonne-sur-Mer, commune des Sables-d’Olonne (Vendée).

La présence d’une nouvelle espèce dans mon environnement immédiat, mon jardin, provoque bien sûr une certaine excitation étant curieux de connaitre les habitants qui m’entourent. Mon appentis, abritant divers outillages de jardin depuis des années, est habituellement fréquenté par des lézards des murailles qui manifestent leur présence par une fuite sonore assez caractéristique à chaque intrusion dans le local. Début mai, ayant besoin de la tondeuse à gazon, je note un bruit de fuite inhabituel, difficile à définir mais intrigant. Les jours suivants, je visite plusieurs fois par jour le locale avec l’espoir de trouver l’origine du bruit. Le 26 mai 2026, j’aperçois enfin les parties d’un animal derrière divers objets. Un morceau de queue, un petit bout de tête et 3 cm de corp. La largeur du corp m’oriente vers un gecko mais non identifiable. L'expansion vers le nord de la Tarente de Maurétanie me vient alors à l’esprit. Je décide d’éclaircir le fouillis au-dessus du meuble où j’ai aperçu l’animal et constate la présence de très nombreuses crottes, différentes de celles des lézards, prouvant une présence qui remonte à plusieurs mois. Aucune activité pendant une huitaine de jour et crainte d’avoir fait fuir le locataire. Puis une observation furtive le 13 juin qui me conduit à tenter une digiscopie depuis l’extérieur du bâtiment. Réussite le 16 juin, l'identification est confirmée, c'est bien une Tarente de Maurétanie. Surprise le 30 juin : il y a deux adultes ! Ils reviennent plusieurs fois seul ou à deux pendant l’été, parfois plusieurs jours de suite, parfois absents une semaine. Le 17 août nouvelle surprise : un jeune individu sans queue se trouve sur le mur près de la boite aux lettres. La reproduction de l'espèce semble donc avérée, elle est confirmée par ma voisine, le 21 août, qui trouve un jeune ayant une queue dans sa baignoire.

Je vais continuer la surveillance mais il reste plusieurs questions. Comment ces tarentes sont-elles arrivées là ? Les hypothèses sur l'expansion vers le nord de l’espèce sont : les containers de végétaux, les voies ferrées, le transport clandestin et quelques échappés d’élevage. Je penche pour la voie ferrée à 70 m de chez moi, avec un mur de parpaing sur toute la longueur.
La discrétion de l'espèce permet de supposer une sous-évaluation de sa présence. Quelle peut être le rôle de ces individus pour une installation durable de l'espèce ? Peut-on considérer la présence de cette espèce à Olonne-sur-Mer comme un indice d'expansion naturelle vers le nord ?

André BARZIC

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